Classes de feu et extincteurs
Choisir le mauvais extincteur ne se contente pas d'être inefficace : cela peut aggraver l'incendie ou blesser l'intervenant. C'est une connaissance de base du métier, et une question quasi certaine au QCM.
Le triangle du feu
Toute combustion suppose trois éléments réunis : un combustible, un comburant (l'oxygène de l'air) et une énergie d'activation. Supprimer un seul des trois éteint le feu — c'est le principe de toutes les techniques d'extinction.
Les 5 classes de feu
- Classe A — solides formant des braises : bois, papier, carton, textile. L'eau est l'agent le plus efficace, par refroidissement.
- Classe B — liquides et solides liquéfiables : essence, alcools, solvants, plastiques fondus. On étouffe : mousse, poudre ou CO2. Jamais d'eau en jet.
- Classe C — gaz : butane, propane, méthane. Le réflexe prioritaire est de couper l'arrivée de gaz.
- Classe D — métaux : magnésium, sodium, aluminium en poudre. Poudres spéciales uniquement ; l'eau provoquerait une réaction violente.
- Classe F — huiles et graisses de cuisson : friteuses, plaques. On étouffe (couvercle, couverture anti-feu) ou on utilise un extincteur adapté.
Quel extincteur pour quoi ?
- Eau pulvérisée : classe A. Avec additif, elle devient efficace sur les classes A et B.
- Poudre polyvalente ABC : classes A, B et C. Très efficace mais salissante : elle encrasse durablement les locaux et les équipements.
- CO2 : classes B et C, et feux d'origine électrique. Non conducteur, sans résidu — l'agent de référence pour les armoires électriques et les locaux informatiques.
- Mousse : feux de liquides en nappe. Elle forme un tapis qui isole le combustible de l'air.
Reconnaître un extincteur CO2
Il se distingue par son gros tromblon (diffuseur conique) et par l'absence de manomètre : son contrôle se fait par pesée. Attention au givre à l'utilisation : ne jamais tenir le tromblon à main nue.
La bonne technique d'attaque
On vise la base des flammes, là où se trouve le combustible, en progressant du plus près vers le plus loin, dos au vent ou au courant d'air. Et surtout : on donne l'alerte avant d'intervenir. Si l'extincteur ne suffit pas, on se replie et on ferme la porte du local pour confiner le sinistre.
Les vérifications à connaître
Tout extincteur fait l'objet d'une vérification annuelle par une personne compétente, consignée au registre de sécurité. Lors des rondes, l'agent contrôle visuellement le plombage, l'aiguille du manomètre en zone verte, la signalisation et le libre accès de l'appareil.
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